La valse des licences

Petit article de linuxfr

Comme l’utilisation des licences libres est au coeur des discussions, je vous le partage

Merci, c’est super intéressant !

Développeur de tibillet.re, je suis en train de me poser beaucoup de questions sur le code source de notre nouvelle version.
Et c’est parti pour durer… Mon cœur balance tout les jours…

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Ça clache et ça bouge pas mal dans le monde des licences :

Je serais curieux de savoir ce que vous pensez de cette histoire, sur ce forum :slight_smile:

Quelques extraits :

Les libertés fondamentales du libre sont des libertés négatives. Les problèmes soulevés par les acteurs des communs sont réels, mais ils n’impliquent pas, au nom de la défense de la liberté positive, de renoncer au quatre libertés formulées il y a plusieurs décennies. Ces difficultés imposent de faire de la politique comme un renard, en multipliant les techniques de résistance, plutôt qu’en cherchant à mettre dans la tête du hérisson libriste une idée fixe différente. Le monisme des valeurs n’est pas du côté de ces libristes : ceux-ci ont des combats communs, ils alertent la société sur nombre de dérives, ils déploient les conséquences des quatre libertés dans d’autres domaines du numérique, mais je doute qu’ils aient un projet de société commun.

Pour faire contrepoids à ce que l’attachement à ces quatre libertés (négatives, donc) peut avoir d’extrême, j’embrasse le pluralisme des valeurs. Je me bats pour les droits fondamentaux des utilisateurs en matière de logiciel et constate que la lutte pour ces droits a changé le monde du logiciel, donnant au libre plus de place. Mais j’accepte tout à fait que d’autres fassent entorse à ces droits quand celles-ci défendent une vision du monde que je partage, en luttant par exemple contre la prise de contrôle excessive des grandes entreprises sur l’open source. Mais je refuse que ces écarts prétendent réformer le mouvement du logiciel libre de l’intérieur, car ce mouvement s’appuie sur une idée centrale : il n’est pas moral de donner plus de droits aux propriétaires d’un code source qu’à ses utilisateurs. Et cette idée est liée à une autre : il a sûrement plusieurs projets de société aussi légitimes les uns que les autres.

Merci super intéressant cette lecture.

Selon moi, il faut lire Sébastien Broca qui explique bien la distinction entre open-source et logiciel libre. Il décrit aussi les différences entre l’esprit des logiciels libres et celui des Makers™. S’il s’agit de faire un rapide résumé, le Libre incarné par Richard Stallman s’est rapidement confronté à une mouvance type libertarienne (BSD, MIT) qui, par provocation, se réclame plus libre que libre !

En gros, je caricature avec la phrase suivante :

Avec ma licence, tu es plus libre que libre,
tu es tellement libre que tu as le droit
de redevenir esclave !

Ce genre d’allégation est parfaitement compréhensible à la Réunion qui a connu la période de l’abolition de l’esclavage. Il faut se remémorer, qu’à l’époque, certains affranchis ont été mis dans une situation tellement critique du jour au lendemain (rien à manger, pas de toit, aucune perspective de travail) que certains ont réclamé le retour à l’esclavage. Il s’agissait d’exprimer une solution pratique, pragmatique, bien loin de toute considération éthique.

En extrapolant, de nos jours, on peut se poser la question d’un ex-salarié réduit au chômage et sa capacité à prendre en main son propre destin. Un emploi dégradant, sans considération, est-il acceptable en toutes conditions. Où est la limite ?

Pour revenir à la notion de licence libre, mon conseil est relativement basique, il s’agit de privilégier les licences type Copyleft, les seules capables d’enrichir le bien commun numérique. Concrètement, il s’agit de

  • Affero GPL v3, pour les logiciels
  • Art Libre, pour toute autre œuvre numérique

Au plaisir de vous lire, …
moi aussi curieux de lire des avis différents.

Pour ma part, je pense que certains parallels sont maladroits @pvincent.

Les licence ne sont ni bonnes ni mauvaises, ni liées à l’esclavage ! :slight_smile: En effet les licences BSD, MIT ne disent/revendiquent pas: “plus libre que libre”. Elle disent: libre et juste de dire qui est l’auteur (POINT et RIEN DE PLUS).

Le choix de redevenir esclave, de refermer le code appartient aux (le plus souvent CUPIDES et autre…) humains, qui prenent le CHOIX de, refermer ou autre… le code.

Il n’y a effectivement PAS DE CHOIX politique associé au licence BSD/MIT. Cela pourrait s’appeler la licence : “Voila du code, E.A.Z*”.

De la meme facon qu’un marteau peu blesser. Il peut construire une maison.

Les licence libre BSD/MIT etc ont été et sont au coeur du developpement industriel contemporain (équipements réseau, implémentation des algo crypto et j’en passe).

Sans ces contributions nous serions toujours à attendre … comme pour le HURD par exemple (reference au temps qu’il a fallu pour qu’il sorte ! l’arlésienne canonique)

Ces intrigues de licence ne sont (probalement) que les symptomes de tractations internes pour des gros sous.

*E.A.Z: Ensort’ a zot

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Merci @Lpe, tu as raison de préciser ce point.

Tu as tout à fait raison de mentionner l’histoire de HURD qui plombe le message politique de Richard Stallman. De façon pratique, pragmatique, si les communautés du Libre n’avait pas accepté le compromis du noyau Linux, nous ne serions probablement pas en train de débattre aujourd’hui :slight_smile:

D’un point de vue historique, cette histoire que certains affranchis ont réclamés revenir à leur situation d’esclave est authentique.

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